Une histoire de Marsupilami

Donc, depuis à peu près toujours, lorsque l’on fête Noël à Beauval (comprenez chez mes parents), chacun pioche  le prénom de quelqu’un et a pour mission de lui faire plaisir. Dimanche passé, nous avons donc pioché. Et voilà que Milou s’exclame: « oh chouette! C’est la personne que je voulais ! Et je sais ce que j’vais lui offrir! » S’ensuit une emberlification d’explications nébuleuses sur les raisons pour lesquelles elle ne veut pas me dire qui elle a pioché. Bref, c’est moi. Mais, officiellement, je ne le sais pas.

Louichou lui avait pioché Pénélope, la bien-aimée de mon frère,  et s’était exclamé: « waa! Je sais, je vais lui offrir un avion téléguidé! » S’en était suivi un long silence de ses parents, priant intérieurement pour qu’il change d’avis.

Mercredi, Bilou me dit: »l’idée de Louichou a déjà évolué et dans le bon sens! Et celle de Milou aussi d’aileurs!  » Je lui réponds:  » ah, c’était également du genre avion téléguidé? » Et bien, elle voulait m’offrir un énorme marsupilami en peluche.

J’ai réfléchis aux origines de cette idée biscornue dont elle était si sûre qu’elle me ferait plaisir. La déco manquerait-elle de jaune?  Ai-je un vêtement en peau de léopard qui aurait pu lui faire penser que j’aime les bestioles tachetées? Lui ai-je lu avec trop d’entrain les BD louées à la bibliothèque? Me suis-je pâmée devant l’énorme marsupilami couvert de poussière dans la vitrine du geek-center du coin? La réponse à toutes ces questions est non, archi-non.

Et puis d’un coup, en pensant à ce marsupial empoussiéré en vitrine, je me souviens lui avoir raconté cette petite anecdote, il y a près de deux ans, quand Louichou rêvait que St Nicolas lui en apporte un pareil. Voici l’histoire:

En troisième maternelle, j’étais dans la classe de Madame Rita (ah! Madame Rita! ?) et voilà que la fancy-fair de l’école (maternelle et primaire) s’annonce. A l’époque il n’y avait pas de spectacle préparé par toute l’école comme ça semble être le cas partout aujourd’hui. Mais il avait déjà une scène et un concours était organisé: Les enfants qui le désiraient pouvaient monter sur scène et présenter une danse-chanson-playback. Moi j’aime ça faire le pitre sur scène, donc je m’étais inscrite avec la chanson Fleur de Provence.

Je ne me souviens pas trop des prestations que le jury a dû se farcir ce jour-là. Je me souviens seulement que juste avant moi, Fabienne, qui était dans ma classe, a présenté Jo le taxi en se trémoussant à côté d’un taxi jaune en carton très impressionnant et qu’après moi, une grande de deuxième primaire avait carrément retourné sa casquette sur sa tête et mis des baskets avec des lacets fluo pour danser sur « Pump up the jam » (j’vous mets les liens, c’est du pur voyage dans le temps)

Autant vous dire qu’avec ma chanson vieille de plus de 15 ans au milieu de ces tubes du moment j’étais un peu en décalage. (Le décalage chez certains c’est une seconde nature. Chez d’autres, c’est la seule)

Bref, contre toutes (mes) attentes, j’ai gagné le concours et son gros lot: 500 points à aller utiliser au stand « cadeaux » de la fancy-fair!

En effet, à chaque stand – jeu de massacre, pêche aux canards, etc- on gagnait quelques points. Et, avec ceux-ci, on pouvait aller choisir un cadeau: corde à sauter, livre, scoubidous, gomme parfumée MyMelody et compagnie. Plus tôt dans l’après-midi, nous avions repéré, mon frère Christophe et moi, l’inaccessible étoile: un énorme marsupilami en peluche dont la queue était aussi longue que nous étions hauts. Christophe, qui avait déjà bien appris à compter ses sous, avait estimé qu’avec le budget dont nous disposions pour jouer aux stands et même en unissant nos efforts, nous ne parviendrions pas à réunir les 500 points utiles à en faire NOTRE marsupilami. Et là! Avoir gagné le concours signifiait être aussi riche que Picsou et pouvoir s’offrir le Saint-Graalupilami!

Mon petit coeur chantait « Alleluia! Dieu est grand! »

Je me dirigeais donc vers le stand cadeau avec ce bon qui me brûlait les doigts d’impatience, accompagnée de deux copines de classe qui participaient à mon euphorie. Mais voilà qu’en chemin, je croise ma sœur: une grande soeur de 13 ans dont la parole est, bien sûr, d’évangile. Et la voilà qui se met à prêcher comme tous bons Jésus croisant un Pharisien:  « oh Chouchou! C’est génial que tu aies gagné! Waouw ! 500 points! Oumaï! C’est énoooorme! Tu sais, tu pourrais partager tes points ceux qui n’en ont pas beaucoup. Regarde tes deux copines, tu pourrais leurs donner des points pour qu’elles choisissent ce qui leur plait. Vous seriez trois à en profiter! Enfin, fais ce que tu veux! À plus Chouchou! »

Et la voilà qui me laisse dans l’hébétude du converti. Où était donc passé Christophe qui m’aurait bien gardé d’écouter cette prophétèse! (Sans doute faisait-il un tour au stand « bonbons », pauvres de nous!)
J’ai donc continué mon chemin vers le stand, le bon de 500 points me brûlait beaucoup moins les doigts.

Je ne sais plus ce que Naique, Cindy et moi avons chacune choisi sur la table des jouets pour utiliser mes 500 points. Je sais juste que ce n’était pas le houba-houba-hop tant convoité car il avait perdu tout son attrait.

Et voilà qu’aujourd’hui, Milou, ayant entendu cette histoire il y a un bout de temps, choissirait de m’offrir, puisqu’elle en a l’occasion, le rêve de mes 5 ans!

Oumaï, c’est énorme. Je me sens plus riche que Picsou! Mon petit coeur chante « Alleluia! Dieu est grand! » … Et même si c’est un peu décalé, je suis sûre que vous me comprenez!

 

4 Comments

    • Cecile

      mais enfin quelle idée! Moi ça ne me rend absolument pas malade, ça me fait marrer! Et aujourd’hui avec Milou, ça me fait fondre! Promis dans le billet de demain tes talents de prophète seront présentés à leur juste valeur ?

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