Papier, crayon, ficelle

Quinze jours de vacances à la montagne avec les trois loupiots. Et l’envie de voyager léger.

Dans nos bagages, en plus de nos vêtements, on a mis un Uno, 10 petites voitures, une balle, un grosse dizaine quinzaine de livres (c’est ce qui était le plus lourd/encombrant/volumineux mais deux semaines sans livre est difficilement concevable) le minimum survie pour Bilou (son appareil photo) et le minimum de la survie pour moi: une pochette de bons crayons, du papier, des pinceaux, des ciseaux, de la colle, quelques encres et des pastilles de gouaches (c’est un peu plus que le minimum « papier, crayon, ficelle » du temps de l’animation scoute mais ça n’en est pas si éloigné ) J’avais bien proposé à Milou de choisir un jouet à emporter mais elle m’avait répondu: « oh’ t’sais, j’prends rien moi. Y aura bien assez à faire avec la Nature! »

Première observation: prendre un Uno en vacances est une aberration! il y a TOUJOURS un Uno qui traine dans un gîte. Et pour le coup, ici il y en avait même deux en version « de Luxe »! Accompagnés d’une boite multi-jeux, incomplète comme il se doit, mais avec laquelle il y a eu moyen de faire découvrir les Dames, le Jeu de l’oie, le Mistigri, les Petits chevaux (misère que ce jeu est long et peut passionner les plus petits! ?), le Bagamon et autres jeux simples mais efficaces qu’on aurait pas idée d’emprunter à la ludothèque.

Deuxième observation: la bibliothèque de la région où nous logions organisait une campagne « histoires en ballade ». Un peu partout dans les villages (lavoirs, fontaines, point de vue, plaines de jeux) des boites de livres nous attendaient proposant qu’on lise les bouquins sur place ou qu’on en emporte pour les remette, une fois lus, dans n’importe quelle autre boite. Cela m’a permis de découvrir un joli petit roman estampillé littérature jeunesse que je n’aurais jamais lu autrement. Cela m’a également donné l’idée que l’an prochain je prendrai contact avant notre départ avec la bibliothèque du coin où l’on se posera pour m’assurer que des touristes peuvent emprunter des livres. On voyagera ainsi plus légers mais avec la possibilité d’assouvir notre soif de mots et d’images.

Troisième observation: Milou avait raison. Les jouets sont inutiles, la Nature et mon « minimum survie » suffisent amplement si on y ajoute quelques élastiques et un peu de corde. En 15 jours on ne s’est pas ennuyé, c’est certain.
Je vous livre leurs idées testées-et-approuvées en vrac:

  • faire une cabane (ça, ce n’est pas une idée, c’est une évidence)

    Exploration

    Exploration

  • faire des ricochets
  • tailler un bâton avec « un couteau » (impressionnant dans les mains du Loupiot mais qui ne viendrait pas à bout du beurre tout juste sorti du frigo) ou avec le taille-crayon pour en faire une flèche, un bâton de sorcier, un outil d’écriture,…
  • écrire son prénom ou dessiner le paysage avec ce que l’on trouve: une brindille, une plume, une feuille, un caillou trempés dans l’encre
  • créer un circuit ou une ville avec des morceaux de bois pour accueillir un lézard, un bousier ou une famille de gendarmes quelques heures durant
  • élever de petits cairn (tours de pierre) en choisissant méticuleusement les cailloux polis
  • explorer l’alentour, y découvrir un passage secret, un « escalier » dans les rochers ou de l’amadou qui servira à allumer le prochain barbecue
  • faire une barrage au pied d’une petite cascade
  • construire de minuscules embarcations et les faire dévaler le cours du ruisselet
  • fabriquer de petits samouraïs, chevaliers, elfes à l’aide de pomme de pin, mousses, faines,…
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Flèches et lance-flèches colorés

Cette année, la palme de la trop-cool-idée revient, d’après moi, au Loupiot (et à son papa). Il est sorti de la forêt en brandissant un bois bien rigide en forme de « Y » et s’est écrié: « Papa! J’ai trouvé un arc à flèches, il me faut une corde! » Et son Papa s’est empressé d’aller lui chercher un élastique qui trainait dans le gîte pour le tendre entre les deux branches et de l’encourager à chercher de petits bâtons bien droits présentant une encoche. Et voilà le travail!
Un petit « lance-flèches » assez efficace pour plaire au Loupiot et assez inoffensif pour plaire à sa maman. Bien entendu les deux autres se sont dépêchés de fabriquer le leur.
Le Loupiot s’est également fabriqué un carquois pour transporter sa collection de flèches.
Il a fallut améliorer la création après que Milou ait perdu « sa meilleure flèche » (grosses larmes et désespoir sans fond) dans le gazon devant le gîte. En effet, une fois lancée, la flèche-bout-de-bois était difficilement repérable dans le sois-bois ou dans l’herbe.
On a donc sorti les pinceaux et les pastilles de gouache. A condition de posséder des pastilles de gouaches de qualité type Pélican et de bien charger son pinceau en pigment, les couleurs de ces petites pastilles peuvent être vraiment vives. Il suffit de donner la consigne aux loustiques de « tourner loooooonguement » leur pinceau mouillé sur la pastille de la couleur choisie. Je trouve le résultat vraiment joli.
Un dernier conseil: évitez l’utilisation des flèches colorées dès potron minet. En effet le bel arc-en-ciel peint dessus risque de ne pas bien supporter le contact avec la rosée du matin!

Alors la prochaine fois que vous avez du temps pour jouer avec des bouts de bois. Vous allez en faire quoi?

4 Comments

  1. Michel Maes

    Très chouette! les aventures des Robinson Loupiots donnent envie de repartir en vacances.
    La place à l’imagination que vous donnez à vos loupiots est géniale. j’adore et ça leur servira tout au long de leurs vies :)

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