L’ami Ramos

imageNous avons eu la chance de découvrir en famille l’exposition Mario Ramos qui se déroule actuellement au Centre d’Art du Rouge-cloitre. Embrouillaminis – faites un tour sur son blog et découvrez sa voix! – m’a proposé d’en faire un billet, histoire sans doute de se mettre l’eau à la bouche.

On peut y découvrir un belle panoplie d’oeuvres de cet artiste belge. Mario Ramos est un créatif qui tourna le dos au monde de la pub pour se consacrer à ce qui pour lui avait un sens: raconter des histoires.

L’univers
Mario Ramos c’est d’abord une quantité d’histoires construites comme des numéros de clown: des histoires avec une « chute », toujours inattendue. Et, cette bousculade, comme dans les numéros de clowns, nous fait rire ou nous émeut et incite à la réflexion. Certains thèmes traversent l’oeuvre: la différence, la place de chacun dans le monde, le perception de celui-ci qui varie selon qui on est, le pouvoir, le travail, la liberté d’action, de développement et de penser, les aspirations qu’on a et ce qu’on en fait.

Mario Ramos, ce sont aussi des couleurs franches sur un dessin simple et très efficace. Ce ne sont pas des illustrations qui fourmillent de détails. Mais ce sont des dessins qui par leur forte symbolique permettent d’ouvrir grand le dialogue, la réflexion, l’imaginaire.

Mario Ramos, c’est enfin un kyrielle d’animaux auxquels s’identifier. Une fois au loup qui veut entendre qu’il est le plus fort, une fois à la souris bien-aimée d’un éléphant rougissant, une fois au lion-roi tout puissant, une fois au petit monstre qui use de stratagèmes pour ne pas se mettre au lit, une fois à l’oiseau rouge qui observe de page en page mais ne prend pas part. Tout un petit bestiaire plein de défauts, plein de qualités, plein de victoires et de déboires.

L’exposition
L’expo se compose d’une série d’originaux et d’une vidéo d’une vingtaine de minutes.
Je dois dire que dans un premier temps, j’ai été un peu déçue: pas la moindre analyse de l’un ou l’autre dessin ou livre… Zut de zut. J’étais venue pour en apprendre un peu plus sur l’artiste et son œuvre!
Seules les planches complètes de deux livres sont présentées avec le texte. Les autres planches n’ont pas de texte et laisse donc grande ouverte la porte de l’interprétation. Du coup, je me suis laissé allée à ce que les oeuvres invitent à faire: se poser des questions et en inventer les réponses. Et j’ai trouvé du coup cela passionnant.

« Pourquoi a-t-on mis un cochon sur une pub destinée à vendre une voiture? »
« Qu’est ce qui a bien pu arriver à ce lion pour qu’il devienne si cruel? » (Le petit Guili)
« Tu crois qu’il est arrivé quoi, à cet enfant … Pour qu’il devienne cet adulte là? » (Quand j’étais petit)
« Et si le petit Guili possait la couronne sur ta tête, quelle serait la première loi que tu édicterais? »(le petit Guili)
« Qui est là, tapi dans l’ombre? »

L’atelier

Nous avons également été invités à participer (enfants et adultes bienvenus) à un atelier animé par Sara Greselle.

imageElle a choisi d’articuler son animation autour du dernier livre que Mario réalisa (il est décédé en 2012): le petit Guili. C’est un livre sur l’usage du pouvoir et sur la liberté de le refuser s’il est RI-DI-CULE. A un moment de l’histoire, la couronne, qui symbolise le pouvoir, passe de tête en tête. L’un après l’autre, chaque animal ainsi affublé édicte alors une loi absolument ridicule.

Pour ce livre, Mario a utilisé une technique qu’il n’avait  jamais utilisée:  il a dessiné aux pastels gras sur du papier coloré. Il a ensuite découpé le dessin pour le coller sur un fond blanc.

C’est cette technique que Sara, après nous avoir lu l’histoire, nous a invités à utiliser pour réaliser un petit livre carrousel. (J’ai trouvé ce tuto pour vous expliquer le pliage).

La proposition de Sara était de dessiner quatre animaux sur des papiers colorés de les découper puis les coller dans le livre carrousel. Pour terminer, nous étions invités à écrire les lois ridicules que ceux-ci auraient pu instaurer. Pour terminer, ne petite couronne en papier doré, attachée au carrousel par une ficelle, peut voyager de page en page, de tête en tête.

(Je n’avais pas prévu de faire ce billet, je n’ai donc pas de photos des créations de Louistiti et Maxichou qui les ont emmenées à l’école)

A l’unanimité, nous avons tous, metits et grands, été conquis:

  • Le choix du livre (olala, et ce n’est pas le choix qui manque!) au message fort et compréhensible de tous
  • Le fait d’utiliser la même  technique que l’artiste qui nous fait redécouvrir ses dessins sous un autre angle
  • Le caractère doux et sympathique de l’atelier et de Sara
  • Le résultat final qui permet de « lire » notre propre petite création et qui donne envie aux autres de le découvrir

Bref, on en redemande!

 Pour aller plus loin

Vu ma petite frustration de ne pas en avoir appris beaucoup plus sur l’artiste, j’ai dévoré d’un coup, en rentrant,  l’entièreté du site qu’il créa de son vivant. Rien de tel pour en apprendre plus!

Et puis, dans toutes les bibliothèques, une bonne grosse partie de ses livres font parties des collections permanentes! Alors, faites votre choix!

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