On dresserait une liste

On dresserait une liste. Chaque semaine. On mettrait en mots ce qui nous a fait du bien. Le vendredi. On appellerait ça le vendredi les yeux ouverts. Et puis on partagerait ces mots. Et on inviterait tout qui veut à faire pareil. Et entre nous ça s’appellerait le Vlyo. Et certains jours on relirait de vieux écrits. Et certains jours on se délecterait des listes des autres. Et ça ferait des fois penser à une liste de courses. Et parfois on serait pas certain que ça ait un sens. Mais on s’en ficherait. Parce que c’est pas ces jours là qui compteraient mais tous les autres.

  • MiniMax enfile ses baskets, court, saute.
  • une paire de chaussettes en laine
  • un petit porte-clé qui fait rougir une noire de plaisir
  • un énorme gâteau à la crème qui se balance, porté comme on porte un chapeau les jours de fête
  • ma première dégustation de sauterelles et le voyage dans le futur que je fais vivre à toute la tablée. Milou, qui trouve que ça a un goût trop prononcé se rassure qu’elle a le temps pour s’accoutumer au futur. Louichou et moi par conte sommes fin-prêts!
  • 20 plats pantagruéliques pour 6 petits estomacs
  • un film qui va nous permettre de parler de notre travail
  • à l’heure où la grisaille persiste, l’air étonné puis ravi de mes voisins de train/métro quand je les salue en m’installant près d’eux.
  • une chouette adresse où acheter des sous-vêtements adultes équitables et écologiques.
  • une tasse et une fleur. Du feutre et du bamboo. De quoi réchauffer mes trajets
  • un portefeuille perdu. A quatre pattes, dans la pénombre d’une salle de cinéma dont la projection est imminente, éclairée par les téléphones des cinéphiles, le retrouver, une heure plus tard, caché derrière le pied d’un fauteuil. Le petit Saint de Padoue, ma bonne-maman vous aurait mis un cierge que ça ne m’aurait pas étonnée
  • des cuberdons qui perdent la raison… Nous ne sommes pas orthodoxes
  • des livres triés sur le volet, rangés à portée de regard et de main.
  • un carnet rouge dont chaque page me fait plaisir même si je n’appellerais pas ça « écrire »
  • rêver d’avoir une baguette pour dépêtrer l’artiste. Regarder mes mains et n’y trouver rien de magique. Ne trouver que l’écoute pour recevoir sa peine, pour raviver le courage, pour relever sa tête, pour croire que demain il pourra vivre en paix. Et peut-être même, pourquoi pas, être heureux.
Matthieu Miller Photography

Matthieu Miller Photography

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